Mar 212008
 

Les premiers chapitres du Livre des Actes des Apôtres, décrivant la vie de la première communauté des disciples de Jésus, soulignent à plusieurs reprises l’union, la concorde, l’unanimité qui caractérisaient « ceux qui étaient devenus croyants », ainsi que « l’accueil favorable qu’ils trouvaient auprès du peuple tout entier »[1]. Il est probable que l’auteur, qui écrit aux alentours de l’année 80, soit près d’un demi-siècle après les événements, a fortement idéalisé le tableau qu’il nous trace. D’ailleurs, très vite, cette belle harmonie va être troublée.

Le chapitre 6, en effet, commence ainsi : « En ces jours-là, le nombre des disciples augmentait et les Hellénistes se mirent à récriminer contre les Hébreux parce que leurs veuves étaient oubliées dans le service quotidien » [2] . Nous apprenons ainsi qu’il existait, au sein de la première communauté, au moins deux groupes bien distincts : les Hébreux et les Hellénistes. La suite des événements nous amènera à découvrir aussi que, derrière cette simple querelle, se profilait une grave dissension. Comme tous les disciples à cette période, Hébreux et Hellénistes sont des Juifs ralliés au message de Jésus. Mais les uns et les autres restent attachés aux traditions et aux rites du judaïsme, même si cet attachement s’exprime différemment dans chaque groupe. Chaque jour, par exemple, ils se rendent au Temple pour la prière commune [3]. A cette époque, la nouvelle foi n’est pas perçue comme distincte du judaïsme, et le terme de « chrétien » n’existe pas encore. Mais les divisions qui caractérisaient le judaïsme sont désormais transposées dans la nouvelle communauté.

Avant de faire plus ample connaissance avec ces deux tendances présentes parmi les disciples, il est opportun de se rappeler que la société juive de Jérusalem, d’où est issue la toute première communauté chrétienne, était une réalité complexe. L’assemblée du Sanhédrin (sorte de Haute Cour de justice) comptait en son sein des Sadducéens, appartenant à la hiérarchie sacerdotale et donc très liés au Temple, mais participant également, au prix de bien des compromissions, à la vie politique du pays, ce que leur reprochaient les Pharisiens, l’autre parti influent au Sanhédrin, plus proche du peuple, auquel il enseignait la stricte observance de la Loi de Moïse. D’autre part, les changements politiques intervenus dans la région depuis deux siècles, notamment l’hellénisation et, plus tard, l’occupation romaine, avaient suscité deux types de réaction : d’un côté, la formation de groupes nationalistes extrémistes prônant le recours à la violence (les Zélotes) ; de l’autre, la constitution de communautés retirées hors du monde afin de vivre un idéal de pureté rituelle, en attendant la fin des temps qu’elles croyaient imminente (par exemple, les Esséniens établis dans le désert, près de la Mer Morte).

Hébreux et Hellénistes

 [4].

Les « Hébreux » sont des Juifs nés et vivant en Palestine. Leur langue maternelle est l’araméen, et ils utilisent la Bible hébraïque. Le fait d’avoir rejoint les rangs de la nouvelle communauté n’a en rien modifié leur attachement aux « traditions des pères » ; ils sont fiers d’appartenir au peuple choisi par Yahveh ; pour eux, la circoncision est le signe de cette appartenance, le Temple est le centre sacré et inviolable du culte instauré par Moïse, il est aussi le symbole de l’indépendance d’Israël. Ils observent scrupuleusement les prescriptions de la Loi, notamment les règles de pureté rituelle. Ce groupe compte un certain nombre de Pharisiens qui se sont d’autant plus facilement ralliés à la nouvelle foi que leur parti professait le messianisme [5]. La fidélité à la Loi que prônent ceux qui se sont ralliés à la nouvelle foi, leur vaut une certaine considération de la part des autorités religieuses en place. Le personnage le plus en vue de cette communauté judéo-chrétienne est un certain Jacques, appelé « le frère du Seigneur » [6].

Les « Hellénistes » sont, pour la plupart, des Juifs de la Diaspora [7]. Ils vivent leur foi dans un environnement païen. Ils ont adopté la langue et un certain nombre de pratiques en usage dans les cités grecques où ils résident. Ils lisent et méditent la Bible dans sa version grecque. Loin de vivre dans la clandestinité, les Juifs de la Diaspora constituent des communautés légalement reconnues au sein de la cité. Les villes grecques étaient en effet formées d’un ensemble de communautés qui possédaient leurs propres assemblées et lieux de culte. Et l’empire romain avait hérité de l’hellénisme cette notion de koinonia ou communauté. Il avait notamment reconnu aux Juifs la liberté de culte, dans la mesure où son exercice ne troublait pas l’ordre public. Pour réussir une bonne intégration, il était nécessaire d’acquérir la langue grecque et de recevoir l’éducation grecque. En théorie, tout immigré pouvait avoir accès à la citoyenneté de sa cité ; toutefois, il était difficile à un Juif pratiquant de l’obtenir, car elle comportait des obligations incompatibles avec le judaïsme, comme la participation au culte des divinités et la consommation de viandes offertes aux idoles et distribuées ensuite aux fidèles [8]. Vis-à-vis du Temple, l’attitude des Hellénistes était quelque peu ambiguë. Etienne, qui appartenait probablement à ce milieu, sera lapidé pour avoir osé affirmer à propos du Temple que « le Très Haut n’habite pas des demeures construites par la main des hommes » [9]. Et, à la suite de cette lapidation, les Hellénistes seront l’objet d’une persécution qui les obligera à s’enfuir de Jérusalem. Certains iront jusqu ‘à Chypre et à Antioche, où nous les retrouverons. Le groupe des « Hébreux » échappa à cette toute première persécution, sans doute à cause de la fidélité qu’il professait à l’égard du Temple et des traditions judaïques. Il demeura donc à Jérusalem, où il constitua peu à peu une importante et influente communauté.

En fin de compte, ce qui opposait ces deux partis l’un à l’autre, c’était leur représentation du monde : les « Hébreux » avaient tendance à limiter leur horizon à Jérusalem et à la Judée, et à se raccrocher aux symboles de l’identité juive, tandis que les « Hellénistes », en contact direct avec des religions et des cultures différentes, avaient appris à relativiser quelque peu l’importance de ces symboles.

Paul de Tarse

Parmi les personnes qui assistaient à la lapidation d’Etienne, se trouvait un jeune homme appelé Saul : les témoins lui avaient confié leurs manteaux pour pouvoir participer à la lapidation. Et le Livre des Actes ajoute que « Saul était de ceux qui approuvaient ce meurtre » [10]. Nous apprendrons par la suite qu’il est originaire de la ville de Tarse, en Cilicie. C’est donc un Juif de la Diaspora, et on s’attendrait à le trouver du côté des Hellénistes plutôt que des meurtriers d’Etienne. L’histoire de ce jeune homme nous éclaire sur cette anomalie.

Celui qui prendra plus tard le nom de Paul a raconté plusieurs fois son itinéraire singulier. Arrêté en l’an 58 dans le Temple de Jérusalem, il dira au tribun romain venu l’arracher aux fureurs de la foule : « Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie ; mais c’est ici, dans cette ville, que j’ai été élevé et que j’ai reçu aux pieds de Gamaliel une formation stricte à la Loi de nos pères » [11]. Un peu plus tard, il déclarera avec fierté devant le Sanhédrin : « Je suis pharisien fils de pharisien » [12]. Toute la personnalité complexe de Saul/Paul est résumée en ces deux phrases.

Paul est donc un Juif à la double culture. Sa famille, pharisienne de stricte observance, habite une cité grecque. Peut-être parle-t-on l’araméen à la maison, mais l’enfant apprend le grec comme tous ses camarades, et il est initié au mode de vie et aux coutumes de sa cité. Il est facile d’imaginer les difficultés que pouvait éprouver, dans ses rapports quotidiens de vie sociale, une famille qui entendait rester fidèle aux prescriptions de la Loi : pour un pharisien, le simple contact avec un païen était synonyme de souillure. De plus, les milieux juifs hellénisants devaient paraître suspects aux pharisiens de stricte observance. Soucieux de donner à Saul la formation qu’il jugeait la meilleure possible, son père va l’envoyer à Jérusalem et le confier à Gamaliel, l’un des rabbins les plus en vue à cette époque. Le résultat a comblé, et peut-être même dépassé les espérances du père. En effet, dans sa Lettre aux Galates, Paul affirmera : « Je faisais des progrès dans le judaïsme, surpassant la plupart de ceux de mon âge et de ma race par mon zèle débordant pour les traditions de mes pères » [13] . Ses lettres prouvent qu’il avait acquis une connaissance approfondie de l’Ecriture et de la Loi, et qu’il était parfaitement à l’aise dans le maniement des règles de l’argumentation rabbinique. « Partisan farouche de Dieu », comme il l’avoue lui-même [14] , convaincu de détenir la vérité, il participera directement à la persécution contre ces Juifs de la Diaspora qui étaient doublement dans l’erreur : par leur passage à la nouvelle foi et par leur attitude ambiguë vis-à-vis des traditions du judaïsme. Et ce fut précisément au cours de l’une de ces expéditions punitives que se produisit, l’événement décisif dans l’existence de Saul.

Cet événement, survenu sur la route de Damas, fut perçu par Saul comme une rencontre avec une personne vivante. « Qui es-tu Seigneur ? – Je suis Jésus, c’est lui que tu persécutes » [15]. Cette rencontre va l’introduire dans un monde nouveau, celui des disciples de Jésus ; mais surtout elle va lui faire découvrir que tout ce qui jusqu’alors avait du prix à ses yeux n’est plus désormais d’aucune utilité : l’obéissance à la Loi et à ses prescriptions doit laisser la place à la foi au christ. Dès lors, la circoncision, les interdits alimentaires, les rites du culte, le Temple ; bref, tout ce qui traçait entre le peuple juif et les nations une frontière infranchissable, ce qui définissait son identité de « peuple élu de Dieu » face aux « nations » païennes, tout cela est désormais aboli.

A la suite de ce bouleversement radical dans son existence, Saul cherche à se joindre aux disciples de Jésus ; mais ceux-ci sont méfiants à l’égard de celui qui, peu de temps auparavant, les recherchait pour les faire comparaître devant le Sanhédrin. Il va vivre alors une période extrêmement difficile, rejeté non seulement par ceux dont il partage désormais la foi, mais aussi par les Juifs de son milieu d’origine. Ces derniers chercheront même à le supprimer. Bloqué dans la ville de Damas, il s’échappera en se faisant descendre le long de la muraille. Finalement, ce fut un autre Juif de la Diaspora, Barnabé, originaire de Chypre, qui servit d’intermédiaire pour le faire admettre dans l’entourage des apôtres. Mais, toujours en butte à la haine des Hellénistes, il devra se retirer pendant de longues années dans sa ville natale de Tarse [16]. C’est là que Barnabé viendra le chercher pour l’emmener avec lui à Antioche, où de nombreux païens « se tournaient vers le Seigneur, en devenant croyants » [17]. Convaincus l’un et l’autre que les païens (désignés sous le nom de Grecs) sont appelés, eux aussi, à devenir disciples de Jésus, ils resteront une année entière à travailler ensemble à Antioche. Et c’est là que les disciples seront désignés pour la première fois sous le nom de « chrétiens » [18]. Antioche deviendra ainsi, à côté de Jérusalem, le second pôle de la nouvelle foi. Le succès rencontré dans cette ville amènera Barnabé et Paul à entreprendre, d’abord ensemble, puis séparément, de longs voyages à travers l’Empire ? S’adressant en priorité aux Juifs dans les synagogues de la diaspora, mais sans résultat, ils se tourneront alors vers les païens.

Enjeux et défis de l’enseignement et de l’action de Paul

Tout ce qui précède avait pour but de remettre dans son contexte la personnalité de Saul/Paul, de nous aider à saisir les enjeux de son enseignement et de son action, et les défis qu’il eut à affronter. Enjeux et défis qui se révèlent dans la composition même des auditoires auxquels il s’adresse. Dans les synagogues, il rencontre non seulement des Juifs en majorité hellénisants, plus que méfiants à l’égard d’un pharisien comme lui, mais également des Grecs agrégés ou associés à des degrés divers au judaïsme. En effet, certains courants du judaïsme avaient accepté l’idée que des non Juifs puissent accéder au salut, mais ce salut ne pouvait être obtenu que par l’obéissance aux préceptes de la Loi de Moïse, en premier lieu à celui de la circoncision. Ceux qui avaient accepté de se faire circoncire étaient désignés sous le nom de « prosélytes ». D’autres, bien que sympathisants, refusaient d’accomplir de geste décisif : on les appelait « les craignant Dieu » ; ils étaient admis dans les synagogues le jour du sabbat, mais ils n’avaient pas accès à la partie du Temple réservée aux Juifs. Là on leur appliquait le même traitement qu’aux païens, et des panneaux leur rappelaient qu’ils risquaient comme la peine de mort, s’ils allaient au-delà du « parvis des Gentils ».

C’est donc dans un monde bien cloisonné que Paul commence à prêcher, et durant toute sa vie cette réalité le fera souffrir. En effet, nous l’avons vu, sa rencontre sur la route de Damas l’a amené à cette conviction : la Loi de Moïse est désormais accomplie en la personne de Jésus. Le salut n’est donc plus lié à une obéissance scrupuleuse à des prescriptions, si sacrées soient-elles, mais il est obtenu par la foi au Christ. Voyons quelles conséquences Paul va tirer de cette conviction fondamentale.

Tout d’abord, les barrières que la Loi avait élevées pour préserver l’identité des « fils d’Abraham » doivent disparaître, car elles n’ont plus de raison d’être. C’est dans un passage de la lettre aux Galates que Paul expose avec le plus de clarté sa position sur ce point : « Avant la venue de la foi, nous étions gardés en captivité sous la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi donc, la loi a été notre surveillant, en attendant le Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi. Mais, après la venue de la foi, nous ne sommes plus soumis à ce surveillant… Vous tous qui avez été baptisés, vous avez revêtu le Christ. Il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme ; car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus Christ. Et si vous appartenez au Christ, c’est donc que vous êtes la descendance d’Abraham ; selon la promesse, vous êtes héritiers » [19].

Aux chrétiens d’origine païenne, qui sont désormais largement majoritaires, il écrit : « Vous n’êtes plus des étrangers ni des émigrés ; vous êtes des concitoyens des saints, vous êtes de la famille de Dieu » [20]. Ou encore : « Les païens sont admis au même héritage, membres du même corps, associés à la même promesse » [21]. Ceux que la Loi séparait en établissant des barrières infranchissables, la personne du Christ les réunit. « Il n’y a plus Grec et Juif, circoncis et incirconcis, barbare, Scythe, esclave, homme libre, mais Christ : il est tout et en tous » [22].

Les catégories sociales énumérées dans les citations précédentes correspondaient à des statuts réels et précis dans les sociétés de l’Empire où l’étranger, l’immigré, l’esclave, la femme, voyaient leurs droits limités. Or, l’enseignement de Paul remettait en question le fonctionnement interne de ces sociétés, il prônait une véritable révolution. Cette vision, certains membres des communautés chrétiennes étaient loin de la partager, notamment ceux qui, dans l’entourage de « Jacques, le frère du Seigneur », représentaient les judéo-chrétiens de pure souche. Restés fidèles aux prescriptions de la Loi, ils exigeaient des nouveaux baptisés qu’ils se soumettent à la circoncision et aux règles relatives à la pureté rituelle. Une telle exigence entraînait de graves conséquences dans la vie quotidienne : un judéo-chrétien ne pouvait prendre son repas à la même table qu’un chrétien incirconcis, sous peine de contracter une impureté. Il en allait de même par rapport au mariage.

Dans ses lettres, Paul revient souvent sur ce sujet qui lui tient à cœur. A ses yeux, un baptisé qui obéit aux prescriptions de la Loi retourne à l’esclavage après avoir été libéré par le Christ. Il rétablit les frontières que le Christ avait abolies. Les chrétiens de Galatie sont dans cette situation : influencés par certains prédicateurs judéo-chrétiens, ils sont tentés de les écouter en se soumettant à la circoncision, qui serait pour eux synonyme de complète intégration. C’est en termes très forts que Paul les interpelle : « C’est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés. Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage. Moi, Paul, je vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira plus de rien… Vous avez rompu avec le Christ, si vous placez votre justice dans la loi… Car, pour celui qui est en Jésus Christ, ni la circoncision, ni l’incirconcision ne sont efficaces, mais la foi agissant par l’amour » [23].

Ce fut là l’un des questionnements majeurs que dut affronter le christianisme naissant : devait-on conserver les rites, les coutumes, les lieux sacré voulus par Dieu et, par conséquent, considérés comme nécessaires au salut ? Ou bien tout cela était-il dépassé, comme l’affirmait Paul ? en d’autres termes, les chrétiens formeraient-ils une secte de plus dans le judaïsme, à placer en parallèle avec les Esséniens, par exemple, une communauté de « purs » qui se retrancherait derrière les mêmes frontières rituelles ? Dans ce cas, Paul savait pertinemment qu’un grand nombre de païens, attirés par sa prédication, renonceraient à faire le pas décisif. Cependant, ce n’est pas cette considération-là qui motive les graves réflexions de Paul ; sa conviction est bien plus profonde. Intimement convaincu que le temps de la Loi est révolu, il fait appel, pour le prouver, à toutes les ressources de l’argumentation rabbinique dont sa formation à Jérusalem l’a rendu familier.

Sa Lettre aux Romains nous en fournit un exemple significatif. Les Juifs font de la circoncision le signe visible de leur appartenance à la descendance d’Abraham, au peuple élu de Dieu. Or, rétorque Paul, que nous enseigne l’Ecriture ? « La foi d’Abraham lui fut comptée comme justice ». Quand donc cette foi est-elle intervenue : « avant ou après sa circoncision ? Non pas après, mais avant ! Puis le signe de la circoncision lui fut donné comme sceau de la justice reçue par la foi, lorsqu’il était incirconcis. Ainsi devint-il à la fois père de tous les croyants incirconcis, pour que la justice leur fût comptée, et père des circoncis, de ceux qui non seulement appartiennent au peuple des circoncis, mais marchent aussi sur les traces de la foi de notre père Abraham avant sa circoncision » [24]. Quant à la Loi de Moïse, elle a été promulguée plusieurs siècles plus tard, et pourtant, les croyants qui ont vécu entre Abraham et Moïse sont considérés, eux aussi, comme faisant partie de la descendance d’Abraham. Dans un autre passage de la Lettre, Paul affirme : « Nous estimons que l’homme est justifié par la foi, indépendamment des œuvres de la Loi. Ou alors, Dieu serait-il seulement le Dieu des Juifs ? N’est-il pas aussi le Dieu des païens ? Mais oui, il l’est aussi, puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu » [25].

Le rêve de Paul, c’est donc l’avènement d’une communauté unique de croyants, sous un seul chef : le Christ. « C’est lui, en effet, qui est notre paix : de ce qui était divisé, il a fait une unité. Dans sa chair, il a détruit le mur de séparation : la haine. Il a aboli la Loi et ses commandements avec leurs observances. Il a voulu ainsi, à partir du Juif et du païen, créer en lui un seul homme nouveau…, et les réconcilier avec Dieu tous les deux en un seul corps » [26]. Mais le drame de Paul, c’est que son rêve provoqua l’opposition farouche, à la fois de certains milieux judéo-chrétiens et des Juifs eux-mêmes. Il sera pourchassé de ville en ville par ces derniers, il recevra cinq fois les trente-neuf coups de fouet prévus par la Loi et, une fois, laissé pour mort après une lapidation [27]. Quant aux judéo-chrétiens, ils chercheront toujours à contrecarrer l’enseignement et l’action de Paul, en intervenant auprès des communautés fondées par lui : à Antioche et en Galatie, par exemple. Suite aux dissensions provoquées par ces initiatives, une assemblée se tint à Jérusalem en l’an 48, autour de Pierre et de Jacques. Elle aboutit à des décisions concernant les rapports entre chrétiens d’origine juive et ceux qui venaient du paganisme. On ne mentionnait pas la circoncision, mais il était demandé aux fidèles issus du paganisme de « s’abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l’immoralité » [28]. Cela laissait une certaine liberté d’action à Paul et à ses compagnons, mais ne désarma pas l’opposition, ni celle des judéo-chrétiens ni celle des Juifs non convertis. Aussi, quand Paul se rendit à Jérusalem en l’an 58, accompagné de plusieurs chrétiens, les uns d’origine païenne, les autres venus de la Diaspora, l’entourage de Jacques le soumit à une sorte de mise en scène, dont le Livre des Actes nous donne les détails.

« Le lendemain (du jour de son arrivée à Jérusalem), Paul se rendit chez Jacques où tous les anciens se trouvaient aussi. Quand il les eut salués, il leur raconta en détail tout ce que, par son service, Dieu avait accompli chez les païens. Ses auditeurs rendirent gloire à Dieu et il dirent à Paul : ‘Tu peux voir, frère, combien de milliers de fidèles il y a parmi les Juifs, et tous sont d’ardents partisans de la Loi. Or ils sont au courant de bruits qui courent à ton sujet : ton enseignement pousse tous les Juifs qui vivent parmi les païens à abandonner Moïse ; tu leur dis de ne plus circoncire leurs enfants et de ne plus suivre les règles. Que faire ? Ils vont sans aucun doute apprendre que tu es là. Fais donc ce que nous allons te dire. Prends-les avec toi, accomplis la purification en même temps qu’eux… et tout le monde comprendra que les bruits qui courent à ton sujet ne signifient rien, mais que tu te conformes, toi aussi, à l’observance de la Loi… Le jour suivant, Paul prit donc ces hommes avec lui et, commençant la purification en même temps qu’eux, il se rendit dans le Temple » [29]. Quand ils eurent aperçu Paul et ses compagnons dans le Temple, les « Juifs d’Asie » soulevèrent la foule et il fallut l’intervention énergique du tribun romain pour les soustraire au lynchage. A la suite de son arrestation, il réclamera, en tant que citoyen romain, le droit d’être jugé à Rome. Et il l’obtiendra.

Frontières et Barrières à surmonter

Au terme de ce rappel historique, nous pouvons maintenant revenir sur les frontières et les barrières auxquelles Paul et les communautés chrétiennes du Ier Siècle furent affrontés, et quelles solutions ils ont adoptées pour les surmonter.

- Barrière de la langue

Paul et ses compagnons issus de la Diaspora utilisent le grec comme langue de communication. Mais Paul, pour sa part, a reçu la formation juive traditionnelle à Jérusalem, donc à partir de l’hébreu et de l’araméen. Il a lu et étudié « les Ecritures » dans le texte hébreu ; il a pensé, raisonné et argumenté avec les rabbins en hébreu et en araméen. Plus tard, après sa « conversion », quand il se rendra à Jérusalem, il n’aura donc aucune difficulté à se faire comprendre de son auditoire. Mais il en ira autrement quand il s’adressera à des Juifs de langue grecque. En effet, l’un des thèmes de base de sa prédication étant que Jésus avait « accompli les Ecritures », qu’en sa personne avaient été réalisées annonces des prophètes, son argumentation avait donc largement recours au Premier Testament. Mais celui-ci était écrit et transmis en hébreu, et Jésus lui-même s’était exprimé en araméen. Pour toucher un auditoire juif de la Diaspora, et à plus forte raison un auditoire païen, Paul et les autres prédicateurs étaient par conséquent dans l’obligation de franchir la barrière de la langue. Or, ils eurent à leur disposition un outil extrêmement précieux, à savoir la traduction connue sous le nom de « Septante ». Trois siècles plus tôt, en effet, les Juifs d’Alexandrie avaient dû affronter un défi comparable. Vivant dans cette capitale de l’hellénisme qu’était Alexandrie, ils en avaient adopté la langue, ce qui avait pour conséquence de leur rendre incompréhensible la Bible hébraïque. L’ensemble des Livres du Premier Testament existant alors fut donc traduit en grec et, par la suite, d’autres Livres furent composés directement dans cette langue. C’est ce texte-là qui devint le texte de référence pour les communautés chrétiennes. Les nombreuses citations bibliques éparses dans les écrits du Nouveau Testament (eux-mêmes composés directement en grec) sont faites, dans leur presque totalité, à partir de la version grecque.

Cette option a certainement facilité la diffusion du message évangélique dans le monde grec. Il convient cependant de reconnaître que le passage d’une langue sémitique, concrète et imagée, à une langue familière de l’abstraction comme l’était le grec, ne fut pas sans conséquences. Les traducteurs ont été forcés de forger des termes et des concepts susceptibles d’être compris par des lecteurs et auditeurs de langue grecque, au prix parfois d’une interprétation nouvelle. Cependant, la traduction des Septante a été reconnue officiellement par la tradition chrétienne, sauf certains Livres qui, ne figurant pas dans la Bible hébraïque, sont considérés comme apocryphes par les Protestants.

- Barrières sociales

Les communautés formées par Paul et ses compagnons habitaient surtout les cités de l’empire, dont la population pouvait être très composite. Aux « autochtones », déjà divisés en plusieurs classes sociales y compris les affranchis et les esclaves, étaient venus s’ajouter des immigrés de toute sorte : Juifs, militaires romains en exercice ou ex-légionnaires « retraités » sur place, étrangers originaires d’Orient et d’Occident. Chaque groupe avait tendance à s’organiser suivant les coutumes, les règles et les rites de son milieu d’origine. C’est pourquoi les villes de l’empire abritaient une variété de cultes officiellement tolérés : à côté du monothéisme juif, d’autres communautés honoraient leurs divinités ancestrales. Toutefois, nous avons vu qu’il ne suffisait pas d’appartenir à un groupe reconnu pour être un citoyen à part entière. La pleine citoyenneté exigeait la participation au culte officiel des dieux de la cité et, au temps de l’empire, à celui de l’empereur. Or, certaines catégories étaient exclues de tout culte, en premier lieu les esclaves, qui ne jouissaient d’aucun droit.. Quant aux païens, ils pouvaient sans scrupule honorer d’autres dieux à côté des divinités ancestrales. Mais cela était exclu pour les Juifs et les chrétiens, qui professaient le monothéisme. Ceux-ci risquaient donc de vivre en marge de la vie sociale et leur cité, de constituer des ghettos et de provoquer ainsi le rejet de la part des autorités et de la population. Ce risque n’était pas imaginaire : en l’an 47, l’empereur Claude expulsa de Rome les Juifs, parce que, écrit l’historien Suétone, « ils s’agitaient sous l’impulsion de Chrestos » [30]. Paul cherchait précisément à éviter le repliement sur elles-mêmes des communautés dont il avait la charge. Il leur recommandait de participer autant qu’il était possible à la vie publique de leur cité. Un cas de conscience concret se présentait souvent au chrétien. On trouvait, sur le marché, de la viande provenant des victimes offertes aux divinités. Un chrétien pouvait-il l’acheter et la consommer ? N’était-ce pas participer au culte des idoles ? Ou encore, pouvait-il prendre part, avec ses amis ou ses proches restés païens, aux repas qui suivaient les rites idolâtriques et qui constituaient un temps fort dans la vie de la cité ? La position de Paul est extrêmement claire. Le chrétien sait bien qu’il existe un Dieu unique et que les idoles n’ont aucune existence réelle. Il peut donc manger en toute tranquillité, sans se poser de question, même si le repas est pris dans un temple païen. Mais, ajoute Paul, « tous n’ont pas la connaissance. Quelques-uns, marqués par leur fréquentation encore récente des idoles, mangent la viande des sacrifices comme si elle était vraiment consacrée, et leur conscience, qui est faible, en est souillée… Voilà pourquoi, si un aliment doit faire tomber mon frère, je renoncerai à tout jamais à manger de la viande plutôt que de faire tomber mon frère » [31]. Un peu plus loin, il revient sur cette question : « Tout ce qu’on vend au marché, mangez-le sans poser de question par motif de conscience, car la terre et tout ce qu’elle contient sont au Seigneur. Si un non croyant vous invite et que vous acceptiez d’y aller, mangez de tout ce qui vous est offert, sans poser de question. Mais si quelqu’un vous dit : C’est de la viande sacrifiée, n’en mangez pas, à cause de celui qui vous a averti et par motif de conscience. Je parle ici, non de votre conscience, mais de la sienne » [32]. Un autre cas embarrassant se rapportait au mariage, plus précisément aux couples dont l’un des conjoints était devenu chrétien. Comment celui-ci devait-il se comporter à l’égard de l’autre ? Devait-il s’en séparer, ou bien pouvait-il continuer la vie commune ? A cette question posée par des fidèles de Corinthe, Paul répond : « Si un frère a une femme non croyante et qu’elle consente à vivre avec lui, qu’il ne la répudie pas. Et si une femme a un mari non croyant et qu’il consente à vivre avec elle, qu’elle ne le répudie pas. Car le mari non croyant est sanctifié par sa femme, et la femme non croyante est sanctifiée par son mari… Si le non croyant veut se séparer, qu’il le fasse. Le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ce cas : c’est pour vivre en paix que Dieu vous a appelés » [33].

- Barrières dressées par les Juifs

Elles représentent les obstacles qui chagrinent le plus Paul, car elles sont l’œuvre de ses frères de race. Dans la Lettre aux Romains, il traite longuement du statut du peuple juif qui, en ne reconnaissant pas le Messie, se trouve privé de l’accomplissement des promesses divines. Cela le fait tellement souffrir, qu’il est prêt à se sacrifier pour sauver ses frères. « J’ai au cœur une grande tristesse et une douleur incessante. Oui, je souhaiterais être anathème, être même séparé du Christ pour mes frères, ceux de ma race selon la chair, à qui appartiennent l’adoption, la gloire, les alliances, la loi, le culte, les promesses et les pères » [34]. Paul est cependant certain que Dieu n’a pas rejeté son peuple : « Par rapport à l’Evangile, ils sont vos ennemis,… mais du point de vue de l’élection, ils sont aimés … Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » [35]. Et il utilise une comparaison évocatrice : le peuple juif est un tronc d’olivier sur lequel les païens ont été greffés, et la sève qui irrigue le tronc nourrit désormais les branches greffées. S’adressant aux nouveaux convertis venus du paganisme, il les met cependant en garde contre un sentiment de supériorité : « Tu as été greffé parmi les branches restantes de l’olivier pour avoir part avec elles à la richesse de la racine. Mais ne vas pas faire le fier aux dépens des branches… Ce n’est pas toi qui portes la racine, mais c’est la racine qui te porte » [36]. Dans la pensée de Paul, il n’existe donc ni rupture ni barrière entre le judaïsme et le christianisme, mais une réelle continuité. C’est bien le même don de Dieu qui est offert aux uns et aux autres. On voit ici combien sa nouvelle foi, loin de le couper de ses racines juives, lui permet au contraire d’en approfondir les richesses.

- Barrières dressées par les Judéo-chrétiens

Nous avons vu que ceux-ci, cohérents avec leur conception de la pureté rituelle et de leur identité juive, refusaient de s’asseoir à la même table que les païens convertis et de contracter mariage avec eux. Pour Paul, c’était une discrimination inadmissible, car le repas était signe de communion et de concorde, et il aurait dû l’être d’autant plus qu’il se terminait en général, chez les premiers chrétiens, par la célébration du dernier repas de Jésus avec ses apôtres, c’est-à-dire l’Eucharistie. Etre en désaccord en cette circonstance, c’était « mépriser l’assemblée de Dieu », ou encore « manger et boire sa propre condamnation » [37]. Et il n’hésitera pas à faire de vives remontrances à l’apôtre Pierre lui-même, quand celui-ci fera preuve de duplicité. A Antioche, en effet, « avant que soient venus des gens de l’entourage de Jacques, il prenait ses repas avec les païens ; mais, après leur arrivée, il se mit à se dérober et se tint à l’écart, par crainte des circoncis. Et les autres Juifs entrèrent dans son jeu » [38].

Paul, exécuté à Rome en 63 ou 64, est mort sans avoir vu son rêve devenir réalité. Bien au contraire, durant les dernières années de sa vie, il s’est trouvé presque complètement marginalisé. « Abandonné à son sort par l’Eglise de Jérusalem, coupé des Eglises qu’il avait fondées, mal soutenu par les chrétiens de Rome qui restaient très divisés, il n’avait plus autour de lui que quelques collaborateurs fidèles » [39]. Sa disparition aurait pu avoir comme conséquence la mainmise de l’Eglise de Jérusalem sur les communautés pauliniennes. Mais la mort tragique de Jacques (condamné par le Sanhédrin et lapidé en 62) et surtout la prise de Jérusalem et la ruine du Temple en 70, troublèrent profondément les judéo-chrétiens, qui, dans un premier temps, se dispersèrent. Comme, d’autre part, le judaïsme palestinien vivait un véritable désastre, ces chrétiens se trouvaient sans appui et isolés. La fin du 1er siècle fut témoin de la rupture ouverte entre judaïsme et christianisme, rupture qui deviendra définitive à partir de la révolte juive de 132-135, avec la ruine de Jérusalem, la grande dispersion des Juifs et la disparition presque totale des groupes judéo-chrétiens. Progressivement coupées de leurs contacts avec le judaïsme, les Eglises pauliniennes vont désormais chercher à s’intégrer de plus en plus à leur milieu gréco-romain.

Conclusion

Les pages qui précèdent ont tenté d’évoquer à grands traits quelques-uns des défis qui ont marqué le 1er siècle chrétien. Au terme de cette esquisse, il est peut-être bon de rappeler dans quel contexte elle a été entreprise. Nos recherches actuelles, au sein du GRIC, abordent le délicat problème des frontières, problème qui affecte les relations entre chrétiens et musulmans. Et c’est dans cette perspective que nous avons voulu interroger nos Ecritures. De l’expérience de Paul et des premières générations de chrétiens, pouvons-nous retenir quelque chose d’utile à nos questionnements d’aujourd’hui ?

En ce qui concerne le problème des frontières, nous pouvons considérer deux éléments. Tout d’abord, l’empire romain, au cours de la période envisagée ici, présentait une certaine forme de mondialisation. L’harmonisation de l’administration, du droit et de la monnaie, le développement des voies de communication terrestres et maritimes, l’utilisation généralisée d’une langue d’échanges et de culture (le grec de la koinè), la circulation des personnes et des idées, sont autant de phénomènes que, sans tomber dans l’anachronisme, nous pouvons transposer dans nos sociétés contemporaines. Limitons-nous à deux exemples. Celui des voyages aériens et de leur incroyable développement au cours du dernier demi-siècle ; et celui des médias, le web entre autres, qui sont les forums et les agoras des temps modernes. De nos jours, un événement très localisé peut prendre, en quelques heures, des dimensions internationales. Un incendie mal maîtrisé peut, attisé par des tensions politiques, économiques ou religieuses, enflammer une partie de notre planète. Une parole inamicale, un geste inconsidéré, surtout s’ils émanent de personnes influentes, risquent de coûter des vies humaines. Il nous faut prendre acte de cet état de fait, et en tirer les conséquences dans nos relations entre musulmans et chrétiens.

Le second aspect à prendre en compte pourrait être celui du pluralisme. Nous avons vu que, malgré la centralisation du pouvoir entre les mains de l’empereur et le culte rendu à sa personne, l’empire romain reconnaissait un certain pluralisme, surtout dans les cités, qui toléraient des divinités étrangères et même le monothéisme juif. Ce pluralisme avait toutefois des limites, puisque la citoyenneté à part entière comportait, entre autres devoirs, l’obligation de se soumettre à des rites incompatibles précisément avec le monothéisme. Dès lors, la tentation pouvait être forte, pour les minorités juive et chrétienne, de s’enfermer dans des ghettos ou de former des sectes se réclamant d’un prédicateur ou d’un personnage influent. Paul, pour sa part, a beaucoup insisté pour que, d’un côté, les chrétiens participent autant qu’il leur était possible à la vie publique et aux relations sociales, en évitant tout « communautarisme » ; et que, d’autre part, à l’intérieur même de leur groupe, ils rejettent les comportements sectaires. Dans sa 1re Lettre au Corinthiens, il reprend vertement ceux qui disent : « Moi je suis pour Paul, moi pour Apollos, moi pour Céphas » [40]. Aujourd’hui, des termes et expressions tels que repli identitaire, communautarisme, secte, gourou, émaillent le discours des médias des pays qui prônent le pluralisme, ce qui révèle l’actualité du problème. Comment notre réflexion, au sein du GRIC, pourrait-elle contribuer à effacer ces barrières nouvelles, d’autant plus menaçantes qu’elles sont souvent invisibles ? Et dans quelle mesure la façon dont Paul et ses compagnons ont affronté les défis de leur temps pourrait-elle éclairer et inspirer notre recherche et notre action communes ?

André Ferré Tunis, avril 2008

Bibliographie

Elle est immense ! Voici les ouvrages et articles qui m’ont aidé :

SEGAL Allan F., Paul, le converti, apôtre ou apostat, Paris, Bayard, 2003, 411 p. SANDERS E.P., Paul, the Law and the Jewish People, Philadelphia, Fortress, 1983 LENTZ John Clayton, Le portrait de Paul selon Luc dans les Actes, Paris, Cerf, 1998 BEN-CHORIN Schalom, Paul : un regard juif sur l’Apôtre des Gentils, Trad. Paul Kessler, Paris, Desclée de Brouwer, 1999, 279 p. BASLEZ Marie-Françoise, Saint Paul, Paris, Fayard, 1991 BASLEZ Marie-Françoise, « Communautés sans communautarisme : les premiers chrétiens dans la cité », Etudes, décembre 2007, 629-639 LEON-DUFOUR Xavier, Dictionnaire du Nouveau Testament, Paris, Seuil, 1975, 570 p. TROCME Etienne, L’enfance du christianisme, Paris, Hachette Pluriel, 1999, 216 p.

  1. [1]Actes 2, 42-47 ; 4, 32-35 ; 5, 12-14.
  2. [2]Actes 6, 1
  3. [3]Actes 2, 46.
  4. [4]Le Livre des Actes est pratiquement le seul document qui mentionne cette distinction ; aussi les précisions qui suivent sont-elles en partie conjecturales.
  5. [5]Les Evangiles nous montrent, d’ailleurs, des Pharisiens favorables à Jésus et à son enseignement.
  6. [6]Parmi les douze apôtres choisis par Jésus, deux portent ce même nom, mais il s’agit ici d’un troisième personnage.
  7. [7]L’origine géographique n’est cependant pas un critère déterminant : la Palestine comptait aussi des Hellénistes comme Etienne, dont il va être question
  8. [8]Pour cette raison, certains historiens et exégètes mettent en doute le fait que Paul aurait été citoyen de Tarse, comme l’affirme le Livre des Actes. Comment un pharisien convaincu comme lui aurait-il accepté de satisfaire à tous les devoirs attachés à la citoyenneté de sa ville ?
  9. [9]Actes 7, 48.
  10. [10]Actes 8, 1.
  11. [11]Actes 22, 3.
  12. [12]Actes 23, 6.
  13. [13]Galates 1, 14.
  14. [14]Actes 22, 3.
  15. [15]Actes, 9, 5 ; 22, 8.
  16. [16]Cf. Actes 9, 26-30 ; Galates 1, 18-24.
  17. [17]Actes 11, 21.
  18. [18]Actes 11, 26.
  19. [19]Galates 3, 23-29.
  20. [20]Ephésiens 2, 19. Cf. aussi Colossiens 3, 11.
  21. [21]Ephésiens 3, 6.
  22. [22]Colossiens 3, 11.
  23. [23]Galates 5, 1-6.
  24. [24]Romains 4, 9-12.
  25. [25]Romains 3, 28-30.
  26. [26]Ephésiens 2, 14-16.
  27. [27]Cf. 2 Corinthiens 11, 24 ; Actes 14, 19.
  28. [28]Actes 15, 29.
  29. [29]Actes 21, 18-26.
  30. [30]Vie des Césars, Claude, 29, 1. « Chrestos » désigne ici le Christ. On voit qu’à cette époque les chrétiens sont encore perçus comme une secte juive
  31. [31]1 Corinthiens 8, 7 et 13. Voir aussi Romains 14, 13 et suiv.
  32. [32]1 Corinthiens 10, 25-29.
  33. [33]1 Corinthiens 7, 12-15.
  34. [34]Romains 9, 2-4.
  35. [35]Ibid., 11, 28-29.
  36. [36]Ibid., 11, 17-18.
  37. [37]1 Corinthiens 11, 22 et 29.
  38. [38]Galates 2, 11-13.
  39. [39]E. Trocmé, L’enfance du christianisme, 142.
  40. [40]1 Corinthiens 1,12-13 ; 3,22.

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