Juil 102012
 

Après le message qui vient d’être adressé par les Semaines sociales à la société et aux hommes politiques, nous, représentants des religions monothéistes, ressentons l’urgence de prendre tous ensemble la parole.

Tout d’abord nous voulons réaffirmer notre attachement commun à quelques principes ou attitudes sources de paix :

- Le principe de séparation du politique et du religieux est pour nous un préalable et une condition à toute vie religieuse et politique apaisée

- Mais ce préalable n’est pas simple neutralité, il doit s’accompagner d’une attitude de respect et d’un désir de connaissance et de reconnaissance de l’autre, même si nous ne partageons pas la même foi ou les mêmes convictions

- Mieux : la tâche qui nous incombe avec urgence est de multiplier en tous domaines le dialogue entre croyants et le dialogue avec nos frères non-croyants.

- C’est à ces conditions que la paix qui est notre horizon commun peut advenir et demeurer parmi nous.

- Afin que la paix soit partagée par tous, nous invitons les différentes familles de pensée à faire un chemin semblable de respect et de dialogue.

Nous voulons aussi, sans ostentation mais sans complexe, inviter chacun à puiser dans le message des religions le sens que beaucoup de nos contemporains recherchent :

- Des inquiétudes multiples traversent en effet nos sociétés et atteignent nos personnes. L’homme, notamment, ne saurait être réduit à un consommateur économique.

- Vues à la lumière de notre créateur miséricordieux, nos vies humaines prennent sens et nous retrouvons le goût de vivre.

- L’aventure de nos sociétés et celle de l’humanité toute entière trouvent elles aussi leur sens sous le regard de Dieu qui aime toutes ses créatures et veut leur bonheur.

Conscientes de leurs responsabilités, les religions ont un message particulier à délivrer pour nos sociétés :

- Le caractère sacré de tous les êtres humains et de la vie,

- L’égale dignité des hommes et des femmes,

- L’étranger, que nous nous devons d’accepter et d’accueillir,

- Les personnes en difficulté que nous nous devons de respecter et d’aider,

- La famille, source d’équilibre d’une humanité meilleure et dont nous sommes tous responsables, personnellement et collectivement

- Et enfin la création qui ne doit être ni négligée ni vénérée mais continuée et développée par des hommes responsables de ce don qui leur a été confié

Enfin notre affirmation d’un Dieu qui nous dépasse mais veut notre bien nous rend particulièrement attentifs à la justice.

- Notre foi nous oblige en effet, parfois malgré nous, à prendre parti, envers et contre tout, en faveur de la justice. La justice en effet ne nous appartient pas, pas plus qu’elle n’appartient à tel ou tel car elle nous est donnée à travers la foi en un Dieu juste.

- Cette foi peut nous amener à protester avec vigueur face à des évolutions légales ou sociales qui nous semblent porter atteinte à la justice ou au caractère sacré de la personne humaine

- Mais cette même exigence de justice s’applique aussi à nous-mêmes. A travers nos communautés nous donnons parfois une image affaiblie ou fausse de la justice et de la miséricorde de Dieu. Nous nous engageons à travailler, jour après jour, à nous rendre toujours plus fidèles à ce que Dieu attend de nous.

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