LES IDENTITÉS MEURTRIÈRES : VERS UN NOUVEL HUMANISME DU XXIe SIÈCLE

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Fév 102014
 

Par Hoda NEHME, Gric Liban

REMARQUES PRÉLIMINAIRES

Lorsque vous vous rendez dans les grandes métropoles allemandes, vous êtes frappés en amont par le savoir-être de la citoyenneté allemande qui considère tout allemand citoyen à part entière indépendamment de son ethnie, son origine ou sa religion.

Pourtant dans les cercles d’érudits et d’hommes de science, la question récurrente qui pose problème, c’est l’identité. Exemplifions : un Turc allemand qui vit pleinement sa citoyenneté, ou qui la vit selon ses propres convictions, ne persuade pas la société d’adoption qu’il assure son appartenance à l’Allemagne et semble, aux yeux de sa société d’origine, qu’il n’est plus vraiment Turc.

Ce modèle citoyen est perçu en France et dans plusieurs capitales du monde occidental. Exemplifions : lorsqu’un jeune algérien, né en France, souhaite assumer deux appartenances évidentes qu’il porte en lui, il se retrouve marginalisé, écarté à chaque fois, qu’il désire s’affirmer français, et, est considéré par les siens comme un renégat. Et si, par ailleurs, il manifeste de la nostalgie à l’égard de ses attaches avec l’Algérie, sa religion, sa culture, il bute contre la méfiance, contre l’hostilité et il s’attribue une forme de citoyenneté entièrement à part.

S’il vous arrive de vous promener dans les avenues du Caire ou d’Alexandrie, vous vous sentez offusqués par la prolifération des slogans porteurs d’exclusivisme et de discrimination, montrant tragiquement combien l’identité se veut à sens unique et réduite à une seule appartenance, celle religieuse en particulier.

Revisitez les effets pervers de la guerre en Irak, suivez avec objectivité et impartialité la guerre qui se déroule actuellement en Syrie, remontez dans l’histoire pour reconsidérer la guerre israélo-palestinienne, et vous constatez que la discrimination religieuse bat son plein.

Il suffit de réétudier les conditions de vie des citoyens chrétiens qui vivent encore dans ces pays pour saisir la dimension austère et intraitable de la réflexion identitaire, qui sévit dans les terroirs suscités.

Recensez les articles qui meublent les journaux et les revues, et vous relevez combien sont multiples les images déroutantes de l’identité et de l’appartenance.

Prenons l’exemple des millions de libanais qui peuplent le Canada, la France, les Etats-Unis, le Brésil, l’Afrique, et ailleurs. Dans leur majorité, ces libanais ont intégré le système de vie en place dans chacune de ces terres d’accueil, pourtant l’appartenance au pays d’origine, le Liban, est encore un phénomène vivant dans la mémoire collective de la diaspora.

Ces libanais à identités plurielles ont vécu à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues et de plusieurs traditions culturelles. Ils sont à la fois libanais et brésiliens, libanais et argentins, libanais et canadiens, etc. 

À l’interrogation pourquoi sont-ils restés libanais après tant d’années d’émigration et d’intégration, la réponse plausible s’exprimerait dans cette prise de conscience propre à tous ceux qui quittent une terre natale vers une terre d’accueil et ne parviennent pas à s’amputer d’une partie d’eux-mêmes.

Cette attitude éthique et équitable à l’égard de soi et de l’autre rappelle le dicton canadien « je me souviens », perçu comme une forme d’appartenance qui laisse l’identité en état d’alerte, invitant ainsi le canadien à vivre sans cesse, pleinement et authentiquement, son «soi» canadien.

Je voudrais ouvrir une parenthèse pour mettre en exergue le conflit identitaire qui situe dans un face à face « Québécois francophones », fidèles à leur histoire et à leur parcours identitaire et culturel forgé de sang et de larmes, et « Canadiens anglo-saxons », qui renvoient leur appartenance à l’Empire anglo-saxon, maître du monde contemporain. (Fin de parenthèse)

Dans le même sillage d’illustration identitaire, je propose une réflexion qui contredit le phénomène identitaire suscité.

À bien observer notre monde, nous avons l’impression qu’à notre époque toutes les sociétés se sentent un peu minoritaires et un peu exilées, et tous les hommes des migrants. (A. Maalouf, 1998, p. 144)

Quelle est l’origine de ce sentiment né soudain ici et là à des degrés différents et dans une frénésie relativement furieuse?

Nous pourrons avancer, sans pouvoir l’affirmer, que toutes les communautés et toutes les cultures ont l’impression de se mesurer à plus fort qu’elles, et de ne plus pouvoir garder leur héritage intact. Vu du Sud et de l’Est, c’est l’Occident qui domine; vu de Paris, c’est l’Amérique qui domine? (A. Maalouf, p. 144).

Or, cette justification, bien que pertinente, n’est point exhaustive. Déplacez-vous vers les Etats-Unis et découvrez une agglomération de minorités qui reflètent toute la diversité du monde, et qui manifestent le besoin d’affirmer leur identité, leur appartenance d’origine. (Ibidem, p. 144)

Ce qui retient notre attention c’est cette attestation qui certifie que le pouvoir est entre les mains des mâles blancs, aux mains des protestants anglo-saxons, (Ibidem, p.144), au moment où l’on entend une immense explosion à Oklahoma City.

Et si nous nous interrogeons sur l’identité des auteurs de l’explosion, nous nous entendrons dire : justement des mâles blancs anglo-saxons et protestants qui, eux, sont persuadés d’être la plus négligée et la plus bafouée des minorités […] et que la mondialisation sonne le glas de leur Amérique. (Ibidem, p. 145)

Nous concluons que Timothy Mc Veigh et ses acolytes [sont convaincus] qu’ils ne sont plus qu’une espèce en voie de disparition et [quils nont plus] d’autre arme que le terrorisme le plus meurtrier. (Ibidem, p. 145).

Passons en revue tous les massacres qui se sont produits ces dernières décennies et nous constatons, avec regret, que tous sont liés à des «dossiers identitaires» hérités d’un âge révolu.

Examinons habilement les raisons génératrices de ces massacres et nous pouvons dire que telle ou telle appartenance ethnique, religieuse, nationale ou autre, ne prédispose pas naturellement au meurtre, mais l’humiliation, la menace, la marginalisation, sont autant d’épreuves que subissent certaines communautés, et qui provoquent cette tendance à engendrer des tueurs et à favoriser l’émergence du monstre.

Notre propos ne signifie pas qu’il faille fournir une explication à toutes les férocités qui se produisent au nom de l’identité ethnique ou religieuse. Si tel est le cas, ne devrions-nous donc pas dénoncer les fanatiques de tous poils qui s’imposent comme les défenseurs de l’identité parce que sa conception «tribale», qui prévaut encore dans le monde entier, favorise une telle dérive…?  (Ibidem, p.37-38)

Situation difficile, certes, mais incontournable aussi. Le fanatisme exacerbant est là.

Depuis l’entrée dans le troisième millénaire, le 11/9/2001, le terrorisme fait date… et, depuis décembre 2010, les régimes politiques en place au Moyen-Orient comme en Afrique du Nord, s’écroulent comme des châteaux de sable, laissant derrière eux des bains de sang et une illusion baptisée maladroitement et hypocritement « le printemps arabe ».

Ces remarques préliminaires glanées ici et là mettent en exergue l’identité vicieuse qui refuse de se concevoir comme étant faite d’une multitude d’appartenances dont certaines sont souvent partagées avec des milliers de personnes et d’autres sont partagées avec des millions…

Exemplifions : en tant que libanais, nous avons la langue arabe comme lien avec tous ceux qui l’utilisent dans leur vie quotidienne, dans leur manière de protester ou de réfléchir, d’accepter ou de rejeter, dans leurs prières, dans leurs écrits, dans leurs programmes télévisés, au cinéma, etc.

La langue arabe est commune au chrétien et au musulman libanais et à plus d’un milliard d’êtres humains qui peuplent la planète.

Mais cette harmonie linguistique et culturelle qui rapproche les arabophones n’impose pas de facto une similitude identitaire entre eux et n’exclut pas le fait que bien de choses séparent le chrétien de chaque chrétien, de chaque musulman, de chaque arabe…

Un deuxième exemple : en tant que libanais, le citoyen partage son appartenance au Liban avec plus de huit à dix millions de libanais disséminés sur les cinq continents…

En tant que libanais et canadien à la fois, ou libanais et brésilien, cette double appartenance est à peine partagée avec quelques milliers de personnes.

L’heure, à notre avis, est celle de notre propre examen d’identité pour que chaque personne découvre qu’elle est, comme n’importe quelle autre personne, un cas particulier que l’humanité n’est faite que de cas particuliers [et que] la vie est promotrice de différences, et sil y a reproduction, ce n’est jamais à l’identique. (Ibidem, p.27-28)

Serait-il possible de faire comprendre à tous ceux qui livrent aux autres un combat au nom de Dieu qu’ils s’approprient, ou au nom de la religion à laquelle ils appartiennent, ou au nom de l’ethnie dont ils sont issus, que chaque être humain est doté d’une identité composite, complexe, unique et irremplaçable? (Ibidem, p.28)

 

POURQUOI LES IDENTITÉS MEURTRIÈRES ?

Ecrit à la veille de l’entrée dans le troisième millénaire, l’Essai fait l’objet d’un témoignage générateur de paix, de justice et d’équité, dans un monde travaillé chaotiquement par deux tendances conflictuelles.

La première s’exprime dans une hégémonie qui a de fortes chances de conduire l’humanité droit à sa perte, et la seconde s’exprime dans un repli sur soi, dans un enfermement mortel où se rallient la haine, la vengeance, l’isolationnisme et l’exclusivisme pour encourager les tueries et les massacres au nom d’une quelconque appartenance.

Dans « les identités meurtrières », Maalouf concentre la réflexion sur la question de l’identité, un faux ami  en perpétuel devenir. Il revisite le concept d’identité, le situe au cœur de la mondialisation, l’exploite en long et en large, et l’explore scrupuleusement, pour tirer une conclusion convaincante et éclairante sur un concept traduit en dossier de crimes et de massacres, depuis le dernier quart du siècle passé à ce jour.

L’enjeu est là.

Libanais et français, Amin Maalouf part de cette riche et féconde expérience, pleinement vécue, pleinement assumée, pour affirmer que l’identité ne se compartimente pas, au contraire, elle se construit, plusieurs éléments la forgent et la façonnent selon un dosage particulier qui n’est jamais le même d’une personne à une autre (Ibidem, p. 8)

Sur cette croyance Amin Maalouf fonde sa philosophie identitaire qui lui permet de reconnaitre à toute personne le droit de retrouver en elle son appartenance fondamentale (religieuse ou ethnique ou raciale), mais en même temps il rappelle à tout un chacun que cette prétendue appartenance n’est pas en elle-même une raison qui permette de commettre des crimes en son nom.

L’auteur conçoit la nouvelle identité à partir d’êtres frontaliers, autrement dit, à partir de ces êtres qui ont à assumer une double ou une triple identité en réponse à un vécu qui leur a imposé d’être les dépositaires d’une identité plurielle. Maalouf les considère dans une situation privilégiée qui en fait des acteurs capables de tisser des liens, dissiper des malentendus, raisonner les uns, tempérer les autres, aplanir, raccommoder… [Et d’être] des traits-d’union, des passerelles, des médiateurs entre les diverses communautés, les diverses cultures. (Ibidem, p. 11). Une pièce d’identité n’est tout compte fait qu’un outil qui fait que je ne suis identique à aucune autre personne. L’identité de chacun de nous serait donc constituée d’une multitude d’éléments qui dépassent de loin ceux qui figurent sur les registres officiels et qui ne confondent pas un tel avec un tel autre fût-ce son sosie ou son frère jumeau. (Ibidem, p. 11-12)

IDENTITÉ ET APPARTENANCE

Selon l’auteur nous avons une seule identité et une foule d’appartenances, l’appartenance à une tradition religieuse, à une nationalité, à un groupe ethnique, ou linguistique, à une famille, à une profession, à une institution, à une province, à un village, à un club, à un clan, à une dynastie…

La liste est bien plus longue encore… À signaler que toutes ces appartenances ne sont pas égales en importance ni en nécessité. A titre d’exemple, lorsqu’une personne évolue, fréquente des milieux mixtes, se cultive, se met à l’écoute d’autrui, mesure sa capacité et son aptitude au changement, elle transforme son mode de vie et sa façon de penser. Que de préjugés deviennent caducs et une nouvelle perception de soi et de l’autre s’impose. Au cours d’un mariage mixte certaines appartenances ne seront plus perçues de la même manière et risquent de devenir négligeables au profit d’une nouvelle sensation qui modifie notre vision du monde et nous incite à le penser autrement.

Au cours d’un imprévu tragique qui réunit parfois de manière subite, des ennemis se retrouvant dans une impasse, la perception de l’autre, jugé ennemi, change dans un vis-à-vis qui joint la bonté foncière de l’homme au sentiment d’agressivité et d’adversité fabriqué par l’idéologie politique ou par l’instrumentalisation de la religion. La conséquence est souvent l’occasion qui permet à deux humains de se pardonner, de s’entraider, et de se donner toutes les opportunités pour échapper au massacre ou à la haine ou à l’endoctrinement…

Pour quelle raison cette identité demeure-t-elle source de meurtre et objet d’histoire jalonnée de souffrances?

Le problème réside dans des propos porteurs de germes pervers et meurtriers. Dès le bas âge, l’enfant est travaillé par les siens. Il reçoit les croyances familiales, apprend la langue maternelle, pratique le rite de ses ancêtres, hérite leurs frayeurs, nourrit des préjugés, affiche des rancœurs et construit ainsi une appartenance qui favorise les blessures et qui situe cet apprenti dans l’arène du conflit entre le moi et l’autre différent bon gré mal gré.

Maalouf croit fermement que cette forme d’éducation tribale qui partage l’humanité en sociétés et en communautés diverses et plurielles adhérant à une identité par habitude ou par manque d’imagination ou par résignation, [cette forme d’éducation] est source des drames qui pourront brouiller à l’avenir ces sociétés.

Réduire l’identité à une seule appartenance signifie placer les êtres humains dans une attitude sectaire, partiale, quelquefois suicidaire, et les transformer en tueurs. (Ibidem, p. 40)

LE MESSAGE D’AMIN MAALOUF

Bien que Maalouf n’épuise pas la vaste notion d’identité ni la vaste philosophie de la mondialisation, il n’en demeure pas moins que l’objet principal de l’ouvrage est de pouvoir comprendre de quelle manière la mondialisation exacerbe les comportements identitaires et de quelle manière elle pourrait un jour les rendre moins meurtriers? (Ibidem, p. 139)

Maalouf interroge l’identité à partir des propos d’un migrant et d’un minoritaire.

1.      Amine Maalouf lie le problème identitaire à la perception de la modernité considérée par les uns et les autres comme l’œuvre de l’ingérence étrangère dans les affaires de la Cité. Cette dernière réagit pour s’en protéger.

2.      Maalouf ne renie pas les égratignures qu’ont connues les différentes communautés dans le monde. (Souffrance du racisme, de la colonisation, de la xénophobie de l’esclavage, de la torture, etc.)

Mais Maalouf réagit… Il ne se dresse pas en adversaire surréaliste contre le système mondial en place, mais il invite les sociétés à s’éveiller à se renouveler, à prendre conscience que les idées qui ont prévalu à ce jour, ne sont pas nécessairement celles qui devraient prévaloir dans les décennies à venir…

3.      Maalouf saisit la dimension du désordre des globalisations, mais il prend position: ni uniformisation planétaire ni repli sur la « tribu ».

4.      Maalouf propose de ramener la mondialisation à l’ordre. Les moyens mis à contribution sont :

4.1  De nouvelles attitudes de la part des sociétés et conversion rapide des mentalités par l’adoption des nouvelles idées qui ont progressivement changé le monde; exemples: savoir adopter un vocabulaire nouveau dont les maîtres mots sont: droits des hommes, ceux de la femme; la souveraineté des peuples, le bien commun, la paix, la justice, la non-violence…

4.2  Une nouvelle conception de l’identité qui interpelle les sociétés à assurer leurs appartenances multiples, concilier leur besoin d’identité spécifique avec une ouverture franche et décomplexée aux cultures différentes, pour contrer le désordre issu de la globalisation et promouvoir la diversité culturelle face au «choc des civilisations» qui réduit le multiple à l’un.

4.3  Humaniser la mondialisation pour qu’elle devienne un système qui permette à tout un chacun de s’y reconnaître: un tel espoir est l’œuvre de toutes les sociétés qui ne veulent pas rester à la traine, ni disparaître, ni refuser les règles du jeu et de les utiliser à leur avantage.

4.4  Promouvoir le sens de la réciprocité accompagné d’un réajustement du fonctionnement de la mondialisation :

a.       Chaque société doit pouvoir trouver un fil d’appartenance au patrimoine universel commun à toute l’humanité.

b.      Aucune société ne doit se sentir bafouée, dévalorisée, raillée, « diabolisée », au point de contraindre ses gens de cacher     leur religion, leur couleur, ou leur langue… ou n’importe quel élément constitutif de leur identité (Ibidem, p. 112-114).

c.       Eviter de diviser le monde en émetteurs et récepteurs, en maîtres du monde  et en laissés pour compte.

d.      Empêcher la tentation du dépit face à la tentation hégémonique.

e.       S’affranchir de la mentalité d’agressé et entrer dans le XXIe siècle par l’outil principal de la Mondialisation : l’Internet.

Mettre l’Internet au service de la liberté, de la résistance culturelle, de la lutte contre l’expatriement mental de la langue d’origine source d’identité et d’appartenance, de la communication mondiale comme moyen de sensibilisation à l’autre différent…

f.       Apprivoiser le monde nouveau, contribuer à son édification, dompter le désir d’identité pour que l’avenir ne ressemble pas aux pires images du passé.

Amin Maalouf nous lègue un testament d’amour, de pardon, de réconciliation, et d’éthique.

Il livre aux lecteurs, particulièrement aux jeunes, qui auront l’occasion de lire cet essai, les fondements d’une éducation à l’amour, et les invitent à se mettre à l’œuvre pour l’avènement des valeurs sacrées de la démocratie, pour la consolidation du respect de la dignité humaine, pour la réflexion à la manière de faire vivre ensembles des populations différentes, fussent-elles locales ou immigrées.

Et en guise de conclusion, Maalouf nous propose de revisiter la mappe monde et de réaliser qu’il n’y a pas un seul pays où l’appartenance religieuse ou ethnique de tous les candidats soit indifférente à leurs électeurs…

En matière de gestion de la pluralité communautaire des habitants d’un pays, Amine Maalouf renvoie à la philosophie des fondateurs du Liban moderne qui ont trouvé une (sigha) respectable, parce qu’elle a donné une place à chaque communauté… et a imaginé un système aux équilibres subtils… Une expérience libanaise, en dépit de ses difficultés, demeure bien plus honorable que d’autres expériences du Proche-Orient et reste un modèle de pays message pour toutes les nations.