Oct 012015
 

Introduction

Les pages qui suivent veulent aider à une réflexion d’ensemble sur la question du mariage islamo-chrétien, dans un contexte de forte actualité, à savoir l’accroissement des migrations et des mariages interreligieux mais aussi le Synode des évêques sur « La vocation et la mission de la famille dans l’Église ».

Elles s’enracinent essentiellement dans l’expérience de couples islamo-chrétiens vivant dans le Nord de l’Afrique.

Elles souhaitent interpeler les communautés chrétienne et musulmane sur leurs pratiques. 

 

Pour mieux comprendre leurs intentions, quelques expressions des initiateurs de ce dossier[1]

islam christianisme« J’aimerai que ce dossier interpelle un public hétérogène, pas exclusivement catholique ou d’Eglise. J’aimerai que ce dossier puisse être lu aussi avec intérêt par des musulmans et provoquer, ici et là, une ouverture raisonnée notamment sur le fait que, dans ces couples, il y a possibilité de rester fidèles, pour chacun, à sa foi, personnelle et communautaire, de se vivre croyants au sein de nos familles, et qu’il il y a quelque chose d’important qui se vit. J’aimerai qu’il puisse aussi permette à la partie chrétienne – même pas très pratiquante à l’heure de son mariage – de sentir qu’elle reste chrétienne et qu’elle pourra prendre sa place, une place précieuse, dans son Eglise, si elle le veut, avec ou sans mariage catholique avec disparité de culte. Il faut que, dans le dossier, l’objectif du mariage catholique avec disparité de culte reste l’une des propositions possibles mais non « LA » solution idoine. Même si elle doit pouvoir être proposée dans certains cas, notamment lorsque le pratiquant – catholique – y tient et que la partie musulmane l’accepte ».

« L’essentiel est que ce dossier puisse servir de déclencheur à de nouvelles façons de célébrer, humainement, religieusement et spirituellement, l’union : mariage civil et ‘temps de Bénédiction et de prière’ enraciné dans une déclaration d’intentions ‘accordée’ et respectueuse du cheminement spirituel et/ou de l’appartenance communautaire de chacun des deux conjoints, célébration en présence de membres des deux communautés.

Ce qui compte, c’est de commencer à construire le devenir ‘spirituel’ du foyer. Pour ce faire, promouvoir deux choses :

  • à travers les déclarations d’intention, que les “piliers du mariage chrétien” et l’identité de la partie musulmane soient bien respectés. Dans ce cadre, il est important de savoir – et de dire – que certaines déclaration d’intentions, proposées dans l’Eglise catholique, sont tout-à-fait respectueuses de ces deux composantes [voir les annexes]) ;
  • que les deux parties se sentent reconnues ‘au mieux’ par l’autre communauté et que la partie chrétienne se sente bien reconnue par son Eglise dans cet engagement du mariage.

Pour moi, l’engagement dans le mariage civil prend sa dimension spirituelle dans ce temps de prière enraciné dans les déclarations d’intention qui expriment le projet des deux personnes de vivre leur alliance, dans ce précieux qu’ils ont en commun et en différence ».

« Oui pour une préparation au mariage, avec déclaration et bénédiction, et oui pour une pastorale assumée (assurée aussi avec des laïcs plus avancés) qui gagnerait à continuer au cours de la vie, notamment de la vie des enfants ».

« J’ai l’espoir que ce travail aidera non seulement les couples mixtes à vivre, à modifier leurs aprioris, à ouvrir des voies nouvelles, mais aussi les instances religieuses à avancer dans leur réflexions. Il sera une base concrète du dialogue islamo-chrétien et aidera les sociétés à faire évoluer leur regard. Les mariages islamo+chrétiens sont d’une grande diversité. Mais en ce qui concerne l’Eglise catholique, il me semble fondamental qu’elle accompagne les couples et surtout la partie chrétienne qui doit pouvoir se “sentir ” encore chrétienne à part entière ».

« Mon mari et moi [nous sommes un couple constitué au début des années 70 et vivant au Maghreb] n’avons rien signé mais avons beaucoup parlé ensemble et avec un prêtre. En fait, nous étions d’accord pour que nos enfants aient une éducation autant dans la foi musulmane que dans la foi catholique. Ils ne sont jamais allés au catéchisme mais, le soir, je leur lisais souvent des passages d’Évangile pour enfants ou des prières. Jusqu’à l’adolescence, ils m’ont accompagnée à la messe, les dimanches, dans une petite communauté de sœurs très ouverte, puis dans une paroisse ».

« Il faut dire que j’ai bénéficié d’une protection de mon beau-père qui n’a jamais été remise en cause, même après son décès: quelques instants après notre première rencontre, il me demande si je suis croyante. A ma réponse affirmative, il précise : « Pratiques-tu ta religion ? » Je lui dis « oui ». Alors il me dit : “Continue et ne fais pas comme mon fils qui a oublié la sienne ». C’était en 1971, dit par un autodidacte au grand cœur qui avait trouvé dans le Coran beaucoup de bienveillance ».

 

 Télécharger le dossier complet
Mariage islamo-chrétien (PDF)

 

[1] Ce dossier a été initié par Anne Balenghien (Maroc), Vincent Feroldi (Paris/Lyon/ex-Maroc), Jordi Giro I Paris (Barcelone) et Marie-Josèphe Horchani (Tunis), tous membres, anciens ou actuels, d’un GRIC local.

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