Mar 222012
 

Roger Michel, L’islam. Petit guide pour comprendre la religion musulmane, Editions Peuple Libre, 2008, 160 pages, 14 euros.

Très didactique et bien informé, cet ouvrage tient du guide et du Que sais-je ! Il rendra de grands services à ceux et celles qui veulent mieux comprendre cette religion partagée par plus d’un milliard de croyants et qui n’est pas uniforme, comme le montrent les pages consacrées tant au soufisme (pp. 93-107) qu’aux courants de l’islam contemporain (pp. 109-115).

Divisé en deux parties : Les fondements de l’islam et La communauté du Prophète, ce livre veut exorciser les peurs face à une religion dont la forte médiatisation met avant tout en exergue ce qui ressort en fait d’un fondamentalisme propre à quelques groupes qui ne s’expriment que par la violence et l’intolérance.

Selon l’auteur, il est dédié « à celles et ceux qui croient en l’avenir de nos sociétés pluriculturelles et plurireligieuses ».

Le dernier chapitre (ch. 11) : L’islam et les autres évoque l’actualité immédiate à travers une brève analyse d’une « lettre ouverte de 138 personnalités musulmanes aux chefs des Eglises chrétiennes » qui appelle à une suite, traitant plus spécifiquement du dialogue islamo-chrétien passé, présent et à venir.

Voici un extrait de l’interview de l’auteur par le Dauphiné Libéré :

DL : Qu’est-ce qui a motivé votre écriture de ce guide sur l’islam. A qui s’adresse-t-il ?

La demande est venue directement de l’éditeur, Peuple Libre, qui voulait un livre sur l’islam présenté par quelqu’un de l’extérieur. Il me l’a demandé parce qu’il sait que je suis chargé des relations entre chrétiens et musulmans dans la Drôme.

DL : Vous consacrez la première partie de votre ouvrage aux fondements de l’islam. Pouvez-vous nous les rappeler et nous dire dans quel contexte naquit cette religion ?

J’ai divisé le livre en deux parties : la première sur les fondements et la deuxième sur la communauté du prophète. je pense que pour comprendre une religion, il faut partir des fondements. L’histoire des prophètes, la mise en place du Coran et les hadiths, c’est-à-dire les récits du prophète. Quant au contexte, c’est celui de la péninsule arabique située entre deux grands empires, l’empire byzantin et l’empire perse.

DL : Vous laissez entendre que ce qui fait la force de l’islam, c’est la “Umma’, la communauté des croyants. Alors qu’est ce qui fait sa faiblesse ?

Ce qui fait la faiblesse actuelle de l’islam contemporain, ce sont les divisions internes entre sunnites et chiites. Elles sont aussi exacerbées par des facteurs externes à l’islam.

DL : Vous consacrez tout un chapitre sur le soufisme. Quel est le lien de cette vision du monde avec l’islam ?

“Le soufisme, c’est l’islam du coeur, et le coeur de l’islam”, pour reprendre l’expression de Cheikh Bentounes. c’est la spiritualité de l’islam. on peut citer Râbi’a ou Hallaj le martyr dont on trouve facilement les textes.

DL : Comment voyez-vous l’avenir de l’islam en France ?

L’islam en France est une minorité qui devient visible et qui est en train de trouver sa place en France. cela dit, il y a un apprentissage du vivre ensemble à travers des croyances différentes. pour moi, cet apprentissage est bien avancé à Valence, où des groupes de chrétiens et musulmans se rencontrent régulièrement. le problème est qu’on focalise tellement sur l’islam radical, qu’on ne voit plus l’islam de paix.

Dauphiné Libéré, le 18 décembre 2008

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