Jan 312017
 

L’Exposition Lieux saints partagés, est placée sous le haut patronage du Président de la République tunisienne au Musée national du Bardo de Tunis du 19 novembre 2016 au 12 février 2017

Bousculer les certitudes, déconstruire les préjugés et s’interroger sur ce que nous partageons, dans tous les sens du terme, voilà l’ambition de cette exposition qui, de témoignages contemporains en exposition de pièces historiques, propose une immersion au cœur de ces lieux saints partagés.

Une exposition phare, avec des chefs d’œuvres tunisiens et des prêts rares internationaux, dédiée aux partages religieux en Méditerranée. Cette exposition produite par le Mucem, Musée national des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, à Marseille, a été présentée pour la 1ère fois d’avril à août 2015 à Marseille et a accueilli 120 000 visiteurs. Cette nouvelle version à Tunis est le fruit d’un partenariat exceptionnel entre l’Institut National du Patrimoine, le Musée National du Bardo et le Mucem.

La question des identités religieuses est l’une des plus sensibles parmi celles qui se posent au « vivre ensemble » en Méditerranée. De ce point de vue, la mer intérieure semble être l’espace de la séparation et du conflit. A chacun son Dieu, ses écritures, ses saints. Les échanges se déclinent au pire sous la forme de guerre de religions et de choc de civilisations, au mieux sous celle de dialogues érudits, laborieux et souvent stériles. Un phénomène religieux, peu connu du grand public, mais très présent en Méditerranée est porté à la connaissance des visiteurs de cette exposition : les lieux saints partagés par des fidèles de religions différentes. Des prêts significatifs composent cette exposition. Ils proviennent d’institutions ou de collections privées internationales (Musée d’art & d’histoire du Judaïsme, à Paris, le diocèse d’Agrigente & la paroisse de Lampedusa, en Italie) ainsi que de l’ensemble des musées tunisiens (notamment de Nabeul, de Sbeitla, de Raqqada, de Carthage, Jerba, de Sfax et de Tunis). L’exposition consiste en un parcours à travers les grandes figures et les lieux saints partagés par les monothéismes en Méditerranée. A la fois artistique, anthropologique et historique, elle réunit plus de 150 œuvres d’art (en particulier un moule d’hostie décrit à la fin de ce texte), objets du quotidien, films et photographies. Cette exposition est également l’occasion de découvrir des espaces rarement montrés au public, fleuron de l’architecture tunisoise : les appartements du Petit Palais, situés au sein même du Bardo ainsi que la salle de Sousse.

UN PÉRIPLE MÉDITERRANÉEN INÉDIT L’exposition propose au visiteur un périple méditerranéen inédit autour des lieux de culte et des figures partagés par les trois monothéismes. Il constatera que, au long des siècles, là où des populations religieusement distinctes se côtoient dans le pourtour méditerranéen, des dévotions partagées voient le jour. Peu éclatantes et souvent silencieuses, ces circulations interreligieuses représentent pourtant une sorte de base continue, derrière le tumulte des croisades et des guerres de Religion.

LA POLYSÉMIE DU MOT « PARTAGE» Tout en valorisant les cas de partage et d’échanges interreligieux, l’exposition n’élude pas pour autant les heurts, les écueils et les échecs des relations interreligieuses, cristallisés dans des évènements géopolitiques qui touchent directement les lieux de sainteté présentés. L’exposition repose – à travers son titre – sur la polysémie du mot «partage » qui signifie à la fois l’acte de partager et de départager. On voit donc que certains lieux sont vecteurs d’ouverture (rencontres, porosités) et d’autres de fermeture (divisions, partitions).

L’exposition présente plus d’une vingtaine de lieux saints partagés en Méditerranée, du Maghreb au Proche-Orient, en passant par Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille, Lampedusa et Istanbul.

Même si la Terre sainte abrite la concentration la plus importante de lieux saints partagés, ces phénomènes sont récurrents dans l’ensemble de la Méditerranée orientale et méridionale, ainsi que dans les Balkans où l’on oublie souvent l’existence d’un islam européen présent depuis plusieurs siècles.

Dans l’exposition, la plus grande partie des croisements concerne l’islam et le christianisme. Étant la dernière religion révélée sur le plan historique, l’islam s’est bien souvent greffé sur des pratiques et des lieux existants. En outre, au cours de l’histoire, l’Europe chrétienne a été plus intolérante à l’égard des minorités religieuses que le Moyen-Orient islamique. Cela explique la grande concentration de lieux saints partagés au sud de la Méditerranée.

Les lieux saints abordés peuvent être des lieux de partage apaisé :

  • La grotte d’Élie à Haïfa • La synagogue de la Ghriba à Djerba (Tunisie) • Le monastère de Saint-Georges au large d’Istanbul (Turquie) • La basilique Notre-Dame d’Afrique à Alger (Algérie)

Mais aussi des lieux de division :

  • Le caveau des Patriarches à Hébron (Palestine) • Le tombeau de Rachel à Bethléem (Palestine)

Un documentaire  sur le même Thème est en préparation.

Equipe de travail Commissariat de l’exposition : Nejib Ben Lazreg, Maître de recherche, INP Dionigi Albera, Anthropologue, directeur de recherche au CNRS (IDEMEC, Univ. Aix-Marseille) Manoël Pénicaud, Chargé de recherche, CNRS (IDEMEC Univ. Aix-Marseille) Isabelle Marquette, Conservatrice du patrimoine, Mucem

Directeur de la division du développement muséographique, Institut national du Patrimoine : Taher Ghalia Coordination de l’exposition Hassan Arfaoui, Présidence de la République Fatma Naït Yghil, Chargée de recherches, INP Mikaël Mohamed, Chargé des relations internationales, Mucem Scénographie Amani Ben Hassine Khadraoui, INP

 

 

 

 

 

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